La radiodiffusion en France dans l'entre-deux-guerres en quelques dates

 

1920  : la télégraphie sans fil (T.S.F.) est confiée à l’administration des Postes, Télégraphes et Téléphones (P.T.T.) qui détient les monopoles de la communication en France.
1921 : la tour Eiffel devient l’émetteur de programmes réguliers pour la région parisienne.
1922 : début des émissions de la station privée Radiola, propriété de la Compagnie Française de Radiophonie (C.F.R.).
1923 : les postes privés sont soumis à autorisations temporaires.
1924 : Radiola prend le nom de Radio Paris.
1926 : les récepteurs, considérés comme objets de luxe, sont taxés.
1927 : création du Service de la radiodiffusion, service autonome du ministère des P.T.T.
1932 : Laurent Eynac ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones, obtient du parlement le vote d’une loi instituant le paiement par les auditeurs d’une redevance annuelle.
1933 : les usagers de la radiodiffusion doivent déclarer le poste dont ils sont détenteurs dans les trente jours (loi du 31 mai 1933). Une carte d’auditeur est délivrée par l’administration des P.T.T. lors du paiement de la redevance. C’est la personne qui utilise le poste qui s’acquitte de cette redevance, même si le poste ne lui appartient pas, s’il est loué, prêté ou à l’essai. L’état se réserve le droit de racheter les radios privées à partir de 1933.

Les quatre catégories de redevances :

Postes de 1re catégorie
Postes à cristal sans dispositif comportant l’usage de lampes (le poste à galène). Redevance : 15 francs.
Postes de 2e catégorie
Postes n’appartenant pas à la 1re catégorie et non utilisés pour des auditions publiques. Redevance : 50 francs.
Postes de 3e catégorie
Postes utilisés dans une salle d’auditions gratuites ou dans un lieu ouvert au public. Redevance : 100 francs.
Postes de 4e catégorie
Postes installés dans une salle d’auditions payantes. Redevance : 200 francs.

 

En France, avant le vote de la loi du 31 mai 1933 et contrairement à d'autres pays comme l’Angleterre et l’Allemagne, quiconque possédait chez lui un appareil de réception pouvait entendre gratuitement toutes les émissions radiophoniques. Cette gratuité a eu pour effet de laisser sans revenus les postes d'émissions d'État (Tour Eiffel et P.T.T.) qui refusaient de fait d'acquitter les droits d'auteurs des œuvres qu'ils diffusaient.

La totalité de la taxe va permettre le rachat d’une station privée puissante et organisée, Radio Paris, le redéploiement du réseau des émetteurs sur le territoire français, la signature d’accords avec les théâtres subventionnés et avec six grandes associations symphoniques parisiennes : Les concerts Colonne, Les concerts du Conservatoire, Les concerts Lamoureux, Les concerts Pasdeloup, Les concerts Poulet et l'Orchestre symphonique de Paris.

Densité radiophonique 1933 Statistiques récepteurs 1930
Densité radiophonique de la France au 15 décembre 1933.
Auteur inconnu , Revue Philips [1934]
Statistiques des récepteurs dans le monde Source : Radio-Paris 1930, Paris : Compagnie Française de Radiophonie,1930, page 152.

1936  : Georges Mandel, alors ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones envisage la construction d’une maison de la radio, qui par manque de crédits ne verra pas le jour.
Pour la première fois, à l'approche des élections législatives, les formations politiques ont la possibilité de s'exprimer à la radio avec des temps de parole équitablement répartis. Le magazine Radio-Liberté édité par l'association du même nom paraît pour la première fois.

En 1922, la France compte seulement trois stations de radio, deux d'état et une privée : Radiola.
En 1939, elle en dénombre trente-trois, quinze stations d’état, douze privées autorisées, deux périphériques, quatre radios clandestines et de propagandes.
Cas unique en Europe, la coexistence des deux réseaux privé et public va être la spécificité de la radio en France jusqu'en 1945.