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Robert Badinter, un librettiste engagé


La Médiathèque Hector Berlioz vous propose une exposition virtuelle conçue en partenariat avec la Maison de la Musique Contemporaine (MMC). Elle présente une facette méconnue de Robert Badinter : le librettiste, co-auteur avec Thierry Escaich de l’opéra Claude.

Le combat pour la justice a été au centre de la vie de Robert Badinter. Il s’est notamment illustré par son combat pour l’abolition de la peine de mort, la dépénalisation de l’homosexualité et l’amélioration des conditions de vie dans les prisons. Entré au Panthéon à l’automne 2025, il y est aujourd’hui honoré pour l’ensemble de son engagement.

L’ancien garde des Sceaux était aussi un mélomane éclairé. En 2021, il confiait sur France Musique : « Quand j'écoute Gould, c'est Bach qui me parle. » Après avoir évoqué au théâtre la condamnation d’Oscar Wilde (C.3.3, mis en scène par Jorge Lavelli), il signe en 2013 le livret de Claude, un opéra composé par Thierry Escaich pour l’Opéra national de Lyon. 

L’œuvre puise son inspiration dans la nouvelle Claude Gueux de Victor Hugo, publiée en 1834, cinq ans après son célèbre plaidoyer contre la peine de mort, Le Dernier Jour d'un condamné. Une expérience fondatrice rapproche Hugo et Badinter : tous deux ont été profondément marqués par une exécution. Hugo est hanté par le souvenir d’avoir vu, enfant, un homme emmené à l'échafaud. Badinter, lui, est marqué par les exécutions de Roger Bontems et de Claude Buffet en 1972, événement décisif dans son combat acharné contre la peine de mort. La coïncidence des prénoms entre Claude Gueux et Claude Buffet n’a pu échapper à celui qui vouait une admiration profonde à Victor Hugo.

Cette exposition met en lumière une collaboration de haut vol entre deux figures d’univers différents. Robert Badinter déclarait : « Lorsque j'ai entendu ses compositions, je n'ai pas hésité une seconde. » Thierry Escaich lui répondait : « Moi non plus. J'ai accepté à cause de Victor Hugo, de l'architecture de l'histoire, de la portée politique et symbolique du sujet, et de ce que représentait pour moi la personnalité de Robert Badinter. »

A travers cet hommage, nous avons choisi d’associer d’autres compositeurs, comme Thierry Machuel et son emblématique Clairvaux, dont les œuvres résonnent avec les combats qui ont animé Robert Badinter tout au long de sa vie.

Laissons le dernier mot à celui que ses biographes ont qualifié d’« homme juste » : « En vérité, la peine de mort ne défend pas la société des femmes et des hommes libres, elle la déshonore. » Une conviction partagée par la MMC et la Médiathèque Hector Berlioz.

 

Illustration : Robert Badinter, Panthéonisation — CC0 1.0 Source : Wikimedia Commons

 

Exposition conçue et réalisée par Philippe Bourgeade, Marion Truant et Sophie Lévy

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Panthéonisation de Robert Badinter