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Selma Herscovici

Selma Herscovici (1930-2017)

 

Selma Herscovici est née à Paris (13e arr.) le 10 décembre 1930. Ses parents sont Herscu Herscovici, né en Roumanie et docteur en médecine, et Golda Goldberg, née à Londres, sans profession. Elle a une soeur cadette, Irène, née en 1932. Parce qu’elles sont nées en France, Selma et Irène obtiennent la nationalité française sur demande de leurs parents. La famille Herscovici habite rue de Montreuil, dans le 11e arrondissement.

 

A 11 ans, Selma entre en classe de solfège au Conservatoire. Elle n'y reste qu'une année et est exclue le 1er octobre 1942, comme ses camarades juifs.

La période de l'Occupation est difficile pour la famille Herscovici, victime des lois antisémites du régime de Vichy.
Par arrêté du 10 avril 1942, Herscu perd le droit d'exercer la médecine.
Le 19 octobre 1943, Golda est arrêtée et internée avec ses deux enfants au camp de Drancy.
Golda ayant une « carte de légitimation  »*, elle et ses filles sont libérées et échappent à la déportation.

Fiche registre des élèves

Page extraite du registre des élèves (1936-1942)
La mention « Juive » est écrite en rouge sur le document original

 

Journal France Libre

Compte rendu des concours des prix de 1946 publié dans
La France Libre le 14 août 1946

Après la libération de Paris, Selma est réintégrée au Conservatoire, dans la classe de piano d'Yves Nat.

Elle obtient un Deuxième accessit en 1945 et un Premier prix en 1946. Sa prestation est saluée dans le quotidien France Libre du 14 août 1946 : « C'est un succès mérité et un grand encouragement pour l'avenir de cette jeune artiste (...) après la période douloureuse du temps de l'occupation et les persécutions dont Selma Herscovici et sa famille furent l'objet »

Lauréate de concours internationaux, elle obtient notamment un Second prix de piano au Concours international d'exécution musicale de Genève en 1949.

Elle continue ses activités de concertiste et devient professeure au Conservatoire municipal du 12e arrondissement de Paris.

Elle meurt à Ivry-sur-Seine le 23 avril 2017.


Note :

* Les cartes de légitimation sont des documents octroyés aux employés de l'Union générale des Israélites de France (UGIF), un organisme fondé le 29 novembre 1941 par le gouvernement de Vichy, sur ordre des Allemands. Toutes les autres associations juives ayant été dissoutes, l'UGIF est la seule structure d'assistance aux Juifs, précarisés par les exclusions professionnelles et les spoliations. La carte de légitimation reçue par ses employés ne les protège pas contre les mesures antisémites mais leur épargne en théorie l'internement et la déportation. Certains dirigeants et employés de l'UGIF seront cependant arrêtés et déportés.