Premiers témoignages-1

#MemoireDeConfinement

 

Depuis le lancement de la collecte des archives du confinement, nous avons reçu de nombreux témoignages.

Des personnels administratifs, qui ont pour la plupart souhaité rester anonymes, ont raconté leurs expériences par écrit.

Des professeurs, élèves et anciens élèves, ont partagé des photos et des vidéos. 

Voici quelques-unes de leurs productions, avec tous nos remerciements pour leur belle participation à ce projet collectif. 

Il n'est pas trop tard pour nous envoyer d'autres témoignages : n'hésitez pas à nous écrire à l'adresse archives@cnsmdp.fr

 


 

Diana Ligeti, violoncelliste, professeur de lecture à vue au Conservatoire de Paris, nous a envoyé un documentaire réalisé par sa fille.
Elle y raconte comment elle a réussi à adapter ses cours et ses activités musicales à la situation sanitaire.

 


 

 

« Alexandrins, Alexandra ….. »

Petit billet d’humeur, rédigé en ce jour
Témoignage falot, d’une journée sans atours
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit
Que le chant des oiseaux, que seule disperse la pluie

Il me faut de l’élan et de l’inspiration
Pour mener à bien, télétravail – passions
Car je vous l’avoue sans honte et sans détours
Centaines de notices sont saisies chaque jour

Je me prends à chanter, à parcourir le temps
Mais je m’égare encore, je divague un instant
A rêver soprano, contralto, baryton
L’aventure est trop belle pour se faire du mouron

 

 


 

Carl-Emmanuel Fisbach, ancien élève saxophoniste de la classe de Claude Delangle, nous a envoyé la vidéo d'un concert à la fenêtre qu'il a réalisée au tout début du mois de mai 2020.

 


 

 

Moi, je suis un peu confiné de nature. On aurait pu penser qu'une telle situation m'arrangerait. Mais je n'ai pas besoin de pandémie pour me confiner librement donc, non, ça ne m'arrange pas. Tout est devenu si pesant, si latent ! J'ai pensé à Tchernobyl, à ce documentaire où l'on voyait des paysans ukrainiens qui avaient dû quitter leur village. Ils se souvenaient de la deuxième guerre mondiale et étaient effarés par ce nouvel ennemi invisible qui les obligeait à fuir, ce que n'avait pas réussi à faire l'armée allemande quarante ans auparavant. Puis j'ai pensé à "ceux de 14", qui croyaient partir en guerre pour quelques semaines alors que le conflit devait durer six ans. Donc, non. J'ai certes retrouvé un contact plus nourri avec ma bibliothèque personnelle mais avais-je vraiment besoin de ça pour y revenir ? Non, bien sûr. Demain je penserai aux punks : "No future". Car il est incroyablement difficile de penser l'avenir aujourd'hui. Il n'est pas fermé, bien sûr. Mais il n'y a pas grand-chose sur quoi on puisse s'appuyer. Tout ce que je sais, c'est que je n'ai pas trop envie de me dématérialiser complètement. J'ai vécu une vingtaine d'années dans un monde de bibliothèques traversées par des gens de tous horizons, je ne voudrais pas avoir à faire le deuil de cela. 

 

 


 

Joakim Ciesla, membre du quatuor de saxophones Zahir, élève en deuxième année de master de musique de chambre, a envoyé cette vidéo.
Confinés aux quatre coins de la France, les quatre musiciens l'ont réalisée pour leur public, leurs amis et leurs familles.
Il s’agit des Trois beaux oiseaux du Paradis, 2ème des « Trois chansons » pour chœur mixte de Maurice Ravel.

Voici le texte qui accompagnait cette vidéo :
Maurice Ravel ; Trois beaux oiseaux du Paradis (arr. Quatuor Zahir)
Chacun chez soi... mais tous ensemble pour cette magnifique chanson de Maurice Ravel !
Nous souhaitions partager avec vous ces harmonies lumineuses en cette délicate période de confinement, loin des scènes et du public mais près des oiseaux.
Nous espérons pouvoir rejouer ensemble très vite, prenez soin de vous et restez chez vous !

 


 

 

Archiviste confinée

A l’annonce de la fermeture du Conservatoire à compter du 16 mars, j’ai d’abord fait la liste des activités impossibles à réaliser à distance :
- la collecte des archives auprès des différents services,
- le tri et le classement de documents,
- les opérations de conditionnement,
- les recherches nécessitant la consultation des archives sur place.
Les missions des archivistes ne vont pas de soi avec le télétravail...
Et pourtant, il est possible de s’adapter !
J’ai ainsi profité du confinement pour avancer sur d’autres dossiers :
- la préparation des données à intégrer dans le logiciel de gestion des archives : mise au bon format, vérification, réécriture des documents bureautiques à transférer dans le logiciel,
- la mise en ligne de contenus sur le portail de la médiathèque,
- le lancement d’une collecte de témoignages sur cette période inédite.
Le plus difficile n’est donc pas de savoir quoi faire mais de réussir à s’organiser et trouver ses repères dans ce nouveau contexte. D’autant que les conditions personnelles, techniques et familiales sont parfois sources de difficultés : partage du salon avec les autres « télétravailleurs », aide aux devoirs, gestion de la famille, etc.
Heureusement, les échanges avec les collègues restent nombreux : vive les réunions en visioconférence !